11 ans de Jean-Baptiste Aubert

Extrait du site de l’éditeur http://www.christophelucquinediteur.fr :

« J’ai onze ans, et je veux mourir. »

On peine à imaginer qu’un enfant, Kévin, le protagoniste du livre, puisse être mal au point de vouloir mettre fin à ses jours.
Et si l’idée du suicide d’un petit garçon, tellement éloignée de la vision que nous avons de l’enfance, n’était pas qu’une monstrueuse exception ? Chaque année, cette exception concerne plus d’une centaine d’enfants âgés de 10 à 14 ans.

Sans pathos et avec une certaine dose d’innocence et d’humour le premier roman de Jean-Baptiste Aubert pointe ce tabou majeur.

Kévin est hypersensible, il écoute le monde et a décidément beaucoup de mal à le comprendre, d’autant plus qu’il subit un stress important dû à des tensions incessantes entre ses parents. Comment peut-il, sans le cocon famille de protection, apprendre à percevoir le monde ?

Naturellement ce climat oppressant gangrène le reste de sa vie : il est plus perméable aux choses, se pose des questions, ses résultats scolaires et ses relations avec ses camarades s’en trouvent affectés. Kévin s’interroge sur la nécessité d’une vie faite de disputes et de malaises.

Il finit par se retrouver dans une institution pour enfants en difficultés.

Kévin arrivera-t-il à se sortir de ce lot d’enfants qui, comme le dit le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik, pensent à la mort tant ils sont anxieux et malheureux ?

Nous sommes immergés dans la conscience de Kévin qui raconte dans un carnet les événements marquants de sa vie et ses observations sur le monde qui l’entoure, avec un ton juste et des réflexions qui confirment que la vérité sort de la bouche des enfants.

Une lecture qui ne peut que nous interpeler et nous émouvoir.

Mon avis :

Une préface de l’éditeur ouvre cette histoire en indiquant que ces cahiers (ceux d’un enfant de 11 ans) devraient être publiés. On a donc l’impression d’avoir à faire à un authentique cahier d’enfant mais il n’en ai rien.

L’auteur s’est glissé dans la peau d’un petit garçon qui veut mourir :

J’ai onze ans, et je veux mourir. Je vais essayer de me pendre tout à l’heure. Dans ma classe tout est bizarre. Je ne comprends pas ce qu’il se passe […] Quelqu’un va-t-il me dire ce que c’est que vivre ? Quelqu’un va-t-il me dire ce que nous faisons sur cette terre ? Chez moi, personne ne parle normalement et ça crie souvent.

11 ans de Jean-Baptiste Aubert

Les premières lignes font froid dans le dos. L’auteur aborde un sujet très délicat à travers les mots d’un enfant. Ça m’a d’ailleurs déstabilisé au début car « l’enfant » écrit comme il pense, les mots et les idées se bousculent.

Ce qui est le plus glaçant est la détermination du gamin à mourir. Son quotidien est fait de violence à la maison, de harcèlement à l’école et, forcément oserais-je dire, il ne voit pas l’intérêt de vivre.

Malgré tout, je trouve ce livre est plein d’espoir avec une fin ouverte que j’ai interprété comme positive.

Je terminerais ma chronique pour vous dire que l’auteur que j’ai rencontré le week-end dernier sur un petit salon du livre est extrêmement sympathique. Il nous a donné envie, à mon mari et à moi, de lire ce livre. Voici la page facebook du roman si vous voulez en savoir plus.

Conclusion :

C’est un roman court (150 pages) qui se lit d’une traite et qui nous fait réfléchir sur la vie des enfants… On commence par être glacé d’effroi aux premières lignes puis viennent quelques rayons de soleil pour finir sur un arc-en-ciel plein d’espoir !

 

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Une réflexion sur “11 ans de Jean-Baptiste Aubert

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